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Construction, Déconstruction, Reconstruction… mais où va t’on ?

Posted in Vie quotidienne à Beijing par laura sur 9 novembre 2010

A Beijing, il y a une chose à laquelle il ne faut pas trop s’habituer…. la physionomie de la ville c’est-à-dire la rue, les commerces qui la composent, les maisons, les quartiers.

En effet, il y a à Beijing une chose fascinante (et effrayante), c’est la rapidité avec laquelle les quartiers se détruisent, se reconstruisent, les murs s’abattent, les commerces changent…

Et je ne parle pas que de quelques maisons mais de quartiers tout entier, des quartiers qui pourraient constituer en taille la Place des Quinconces à Bordeaux : je fais référence à cette Place non pas par chauvinisme mais simplement par rapport à sa taille car il est vrai qu’elle reste à mes yeux une simple « grande esplanade de graviers sans rien dessus ».

En France quand un commerce ferme, j’aime en tant que consommatrice avertie, être mise au fait de sa cession d’activité prochaine  afin de :

1)      être interloquée : mais pourquoi ma bonne dame ? Les affaires marchent mal ? Vous prenez votre retraite, ah oui c’est vrai que vous avez 89 ans (petite insertion subtile sur ma crainte du « travailler plus »).

2)      être littéralement anéantie si c’est un commerce auquel je tiens : si l’Artigiano ou La Ccomtesse à Bordeaux venaient à fermer, la ville perdrait soudainement 60% de son attrait !

3)      avoir le temps de me retourner et trouver un commerce de substitution afin que la transition se fasse en douceur (nous les filles, on est des choses sensibles tout de même).

A Beijing, rien de tout cela ! Le lundi tu passes dans ta rue habituelle et là, sur la gauche à l’endroit habituel, il y a ton café habituel ; le mardi tu passes dans cette même rue le café est fermé est l’intérieur est en travaux et le mercredi c’est devenu un marchand de peluches pandas ! Un traumatisme émotionnel de taille.

Autre exemple : la route pour aller de la station de métro de Guloudajie à l’école était une route ombragée bordée d’arbres : le lundi soir nous quittons l’école et les arbres sont toujours là et le mardi matin, plus d’arbre du tout et le béton est déjà sec à l’endroit où quelques heures plus tôt se trouvaient leurs racines !

Guloudajie, la rue de notre école qui est passée d’une nuit d’une rue ombragée avec des bancs en bois à … un chantier !

Anecdotes mises à part, cette frénésie du changement fait peur car elle ne semble pas accompagnée d’une réelle réflexion (sur les raisons de la destruction et sur l’avenir de la ville) ni d’une réelle concertation.

Apparemment, les habitants sont avertis 2 mois à l’avance que leur quartier sera détruit et doivent donc trouver un logement rapidement. Mais il faut savoir que bien des pékinois ont toujours vécus dans leurs Hutongs et que ce quartier est réellement leur « vie » : ils y connaissent leurs voisins, ils se retrouvent entre eux sur le trottoir pour jouer aux cartes, ils connaissent les marchands de fruits-légumes-viandes-bières ambulants qui passent avec leurs carrioles…

Si on se met quelques instants à la place de ces personnes qui ont vécu plusieurs décennies à Beijing, il faut imaginer les époques qu’elles ont traversées et les changements qu’elles ont vues. Leur intimer l’ordre de quitter leur quartier est pour elles un réel traumatisme sans compter qu’elles sont relogées loin du centre-ville dans des complexes bien plus anonymes.

Scènes de vies dans les Hutongs de Beijing (oui, nous aussi on fait partie du décor)

Ainsi, des pans entiers de la ville sont réduits à néant pour construire des supermarchés tout en enseignes lumineuses, des parkings (plus de 2.000 nouvelles voitures mises en circulation / jour à Beijing), des fast-foods….

Le débat est complexe car ce changement est voulu par certains comme un signe de changement et il est vrai que la vie dans les Hutongs est rude (pas de chauffage, des toilettes publiques par -20 l’hiver…) mais aucune autre solution que la destruction ne semble envisagée.

 

Ce qu’il reste du quartier de Hutongs en face de notre école

Restes d’un Hutong

En conclusion, le visage futur de la ville est plus qu’incertain et je conseille à tous ceux qui souhaitent découvrir Beijing de se hâter quelque peu avant que des quartiers entiers ne disparaissent sous les bulldozers et que surgissent du sol les traditionnels KFC, Mc Donald’s et Strarbucks ou ceci

Le futur visage de Beijing qu’on redoute

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