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Impressions Hong-Kongaises (suite)

Posted in Out of Beijing par laura sur 7 novembre 2010

Une nouvelle version des impressions hong-kongaises  :

Nous étions comme des gosses à bord du bus qui nous emmène de l’aéroport de Honk Kong sur le continent. Nous arrivions de nuit au milieu de cette forêt de grattes ciels avec pour arrière plan la sublime baie et ses milliers de super tankers. Un vrai feu d’artifice. Et tous les gamins aiment les feux d’artifices.

Donc dans le bus nous étions presque sûr d’avoir envie de rester pour toujours. Honk Kong nous donne le sentiment d’une ville ultra moderne, une vraie mégalopole mondiale idéalement placée avec un climat tropical. Une baie, 234 îles, des montagnes boisées en arrière pays… Bref le paradis.

Notre bus nous fait traverser des avenues qui n’ont rien à envier à Broadway pour nous déposer au cœur de Kollown. On se désenchante sur l’instant.

A peine descendu du bus, une poignée de Pakistanais nous tombent sur le poil. Ils crient, ils poussent, ils se mettent travers du chemin. Une pauvre jeune fille se fait prendre sa valise par l’un d’eux qui commence à partir avec, elle doit lui courir après. Mais il n’a pas l’air d’un voleur. Ou alors c’est un voleur d’un genre nouveau. Un voleur insidieux qui fait mine de te demander ton avis. Un rabatteur quoi. La différence c’est qu’un voleur ne dit rien et prend. Le rabatteur, lui, commence par t’embrouiller avant de te racketter.

A grand peine nous passons au travers de cette foule de charognards. Notre réservation est faite pour une auberge de jeunesse qui – hélas – se situe sur cette grande avenue. On nous propose des montres, des cartes en tout genre, des sacs et autres objets volés non identifiés… « no thanks,  不 要了, non merci, nein danke… » rien n’y fait bien sûr… quel naïf !

Nous arrivons en face de notre « auberge ». Les mots me manquent pour décrire ce lieu… Un cube en béton armé d’une vingtaine d’étages qui à dû être blanc. Ce bloc est parsemé de vingtaines de petites fenêtres guillotines qui laissent deviner que la plus grande pièce doit avoir une hauteur sous plafond de 2 mètres et ne fait guère plus de 7m². Toutes les fenêtres, qui n’ont jamais été lavées, sont dotées de panneaux en pvc noirci qui ont dû être des moustiquaires mais qui désormais ressemblent plus à des filtres de sèche-linges non nettoyés depuis des mois. Chaque fenêtre est dotée de sa climatisation cassée qui rouille à grande vitesse sous ce climat. Mais avant de rendre l’âme, cette bonne machine à eu le temps de dégouliner grassement sur les murs, créant une sorte de traînée marronâtre où grouille une remarquable biodiversité. Cette morve murale coule d’une fenêtre sur l’autre pour finir de salir les fenêtres et d’encrasser les filtres de sèche-linges. En passant elle dépose dans les chambres un doux parfum d’humus ainsi que des petits animaux. C’est finalement assez écolo comme endroit.

Le bas de l’immeuble n’est pas plus engageant. Figurez-vous un grand hangar peuplé de vingtaines de rabatteurs pakistanais. Pas une femme. Que des sales tronches qui en veulent à votre portefeuille. Les uns vous sautent sur le poil tandis que d’autres fument des substances bien identifiables. La particularité de ce rabbateur et sa tenacité. J’ai trouvé à Pékin que les Pékinois étaient des gens particulièrement endurants et tenaces. Mais ils savent quand s’arrêter. En revanche ces Honk-Kongais ne lâchent pas. Ils restent accrochés comme des poissons pilotes, répétant toujours la même chose… littéralement des dizaines de fois… « Non » n’est pas une réponse. Pour moi c’est trop. Passé 500 mètre avec ce bigorneau sur l’écaille… je m’énerve… Et l’abruti fait mine de pas comprendre et de se vexer ! Alors ça m’énerve encore plus… Bref il faut foutre le camp.

A ce moment je pense très fort au marsupilami et à l’enfer vert de Palombie. A cet instant Honk Kong est pour moi cette jungle urbaine mystique qu’on a tous vu dans les films de science fiction. Une espèce de mélange de Blade runner et de Sin City. Une mégalopole tropicale et portuaire surmixée ou on parle toutes les langues, ou les blattes sont épaisses comme une langue de chèvre et ou tout individu souriant ne cherche qu’une chose : le moyen de soutirer le maximum de fric en un minimum de temps. Tout individu m’adressant la parole n’a que ça en tête. Il est à cet instant un ennemi. Il me faut foutre le camp car je deviens parano.

Nous voici donc à Hong Kong, 2 parmi 10 millions, à 00h30 sans endroit pour dormir. Bonne accroche.

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