BlueBeijing


La vulgarité du vendeur de shampoing

Posted in Humeur par laura sur 11 août 2010

On dit souvent de Shanghai est le moteur économique de la croissance Chinoise. Par comparaison Pékin apparait comme la capitale politique et administrative du pays. Autrement dit un désert aussi aride et glacé que la place Tian an men[1] au mois de février.

L’une serait une jungle cosmopolite tandis que l’autre serait plus sage… Plus administrative. Une espèce de Canberra Chinoise. Berk…

C’est, bien sur, complètement faux.

La croissance économique de Pékin (plus de 10%) fait pâlir de jalousie l’ensemble des  mégalopoles occidentales. Beijing se présente aussi comme une ville comptoir où il est possible de bâtir des fortunes colossales. La foule d’expatriés de tous poils qu’elle attire et bien des Chinois sont devenus de vrais Crésus dans des secteurs qui vont de l’industrie à la finance. Il y a des centaines de milliers de millionnaires à Pékin et (à en croire les journaux pour expats) des centaines de milliardaires. Certains sont sans doute parfaitement admirables. D’autres sont plus discutables. D’autres encore sont d’une vulgarité époustouflante. Ce sont mes vendeurs de shampoing.

Alors, ces vendeurs de shampoings, parlons en. Non content de faire des caprices dans des shoppings mall de 15 étages qui – au vu des prix pratiqués – leurs sont exclusivement réservés, ces pignoufs paradent dans leur Audi A8 dans des quasi bidons villes ou l’habitant gagne difficilement 150€ par mois.

Ils traînent leur sous éducation dans des bars branchés de Sanlitun où ils peuvent payer leurs cocktails 2 mois de salaires d’un paysan du nord-est. Ils ont des femmes (bien sur, ce ne sont pas des femmes : n’oublions pas que le féminin de directeur est « femme du directeur ») dont l’unique travail et d’être une belle poupée de cire à sortir dans des restaurants jet-set. Elles passent leur journée entre salle de gym, institut de beauté, ou à la maison avec leur coach personnel.

De temps en temps elles viennent s’essuyer les pieds sur un garçon-de-café-serpillière qui sont devenus de véritables maîtres dans l’art de se faire cracher au visage.    

Mais je suis sans doute en pleine crise d’ethnocentrisme. Je ne crois pas que le réflexe du Pékinois soit de jalouser la réussite de ce jeune entrepreneur. Il est plus probable qu’il regarde avec une certaine admiration ce self made man qui a su profiter de la possibilité de promotion sociale qui avait été interdite (au non-membres du P… bien sûr…).

Peut on en vouloir pour ces déréglés du portefeuille alors que l’ascenseur social était volontairement mis hors service pendant des décennies ? Peut-être que l’esprit Chinois verra dans ce que le français considère comme des inégalités criantes un rêve de promotion. Dans ce cas je ne serais qu’un petit vulgaire petit français bon pour se faire shampouiner.   


[1] Porte de la Paix céleste (Tian = Ciel ; An = Paix ; men = Porte)

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2 Réponses to 'La vulgarité du vendeur de shampoing'

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  1. Moune said,

    bien vu et comment ne pas avoir une revanche idiote et futile à prendre, quand rien n’a été possible pendant des siècles, cela n’excuse rien, mais l’intelligence profonde j’entends, pas seulement celle des livres et de l’économie, n’est pas là, alors il est possible d’être vendeur de shampoing,il se réveillera en fin de vie,juste pour réaliser combien dérisoire étaient ses ambitions et au lieu de consacrer sa réussite au profit de tous, ou de quelques uns il aura passé sa vie à des futilités, il a toutes les excuses ton vendeur de shampoing, mais seulement celles du nouveau riche qui n’a pas su dépassé ce stade, ce n’est si facile.
    moune

  2. Niniche said,

    Reprends ton souffle Moune… Et au septième jour Dieu inventa le point.


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