BlueBeijing


Un petit tour dans l’Atmosphère …

Posted in Sortir à Beijing par laura sur 12 décembre 2010

Aujourd’hui on vous emmène non pas en apesanteur (mais presque) , mais plutôt faire un tour dans l’atmosphére !

Pas besoin de prendre l’avion pour ceci, il suffit de se rendre à Guomao国贸 dans le sud-est de Beijing, c’est le quartier d’affaires et même si c’est un quartier qui peut paraître assez froid ; il contient  des petits trésors dans ses gratte-ciels !

A coté des apéritifs sur des chaises en plastique dans la rue à boire une pinte de Tsingtao à 4 RMB (0,5 €) en dégustant des cacahuètes et haricots que l’on trouve dans des grandes barriques partout dans la rue ; le tout dans un grand brouhaha avec des voisins de table qui voudront absolument faire ganbei  (littéralement « verre sec ») avec vous ; Beijing offre aussi d’autres types de sorties.

 C’est ainsi que l’on peut trouver le bar Atmosphère au 80° étage d’une des plus hautes tours de Beijing (il y a toutefois de fortes chances que le temps que je finisse d’écrire cet article, un immeuble dépassant les 100 étages se soit construit)  dans un complexe plutôt luxueux le China World Summit.

La tour dans laquelle se trouve le bar (on le voit, c’est la rangée de lumières bleues tout en haut)

Le hall de l’immeuble (oui, on fait dans la discrétion ou on ne fait pas)

Pour accéder à cette petite merveille, on prend un ascenseur (pas super-sonique mais presque) qui vous emmène au 80° étage à la même vitesse que notre petit ascenseur met pour arriver au 13° !

L’homme qui va à Atmosphère est confiant, sur de lui dans son ascenseur : il sait que le groom est là pour l’aider et appuiera à sa place sur le bouton « 80 » (il y a des métiers plus utiles car il n’y a que 2 boutons : 65 pour les résidences privées et 80 pour le bar).

Une fois sur place, le décor superbe du bar Atmopshére s’ouvre à vous : des vitres gigantesques devant lesquelles se trouvent des canapés pour profiter de la vue ; une lumière dorée tamisée, des sculptures, un pianiste qui joue du classique ou du jazz…. que de raffinement !

Une fois confortablement installés, vous pouvez profiter de la vue en sirotant votre cocktail et en observant les gratte-ciels environnants, le 3ème périphérique et son ballet continu de voitures (ça me rend poétique cette atmosphére… et un petit jeu de mot en prime !).

La vue sur Beijing (et là, mes instincts ménagers profondément endormis se réveillent et s’angoissent à l’unisson « mais comment font-ils pour le nettoyage? » mais finalement ce sursaut ménager retombera très vite je vous rassure)

Vous pouvez également rassasier votre estomac mais je n’ai pas trouvé que la carte proposait des plats bien intéressants (pasta, burgers…cela ne colle pas avec l’ambiance !).

Atmosphère est donc un endroit différent, forcément plus cher, (toutefois pas du tout pincé comme ambiance) mais extrêmement raffiné et qui offre une vue splendide sur Beijing quand le temps permet une vue à plus de 10 mètres sinon cela perd de son intérêt.

Pour finir en beauté votre soirée, vous pouvez ensuite aller au succulent restaurant  japonais Hatsune (comptez environs 90 RMB par personne saké compris soit 10 €) au décor minéral.

Hatsune, un très bon restaurant japonais près du bar Atmosphère

Où ? Atmosphère, China World Summit Wing, 1 Jianguomenwai, 国贸3期80层 . 6505-2299. Station de métro Guomao.

http://www.shangrila.com/en/property/beijing/chinaworldsummitwing/dining/restaurant/atmosphere

Quand y aller ? Le soir et évidemment un soir de temps clair.

Que commander ? Evidemment c’est plus cher mais c’est un endroit pour une occasion particulière. Vous pouvez avoir un cocktail ou un verre de vin (à partir de 60 RMB soit 6,6 €), les bouteilles sont parfois ouvertes depuis longtemps alors je conseillerai de prendre plutôt un cocktail.  Les budgets plus serrés se contenteront d’une bière (à partir de 45 RMB soit 5 €).

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Une fenêtre, une vue, 4 possibilités

Posted in Humeur par laura sur 2 décembre 2010

De notre appartement au 14° étage nous pourrions avoir une superbe vue sur Beijing et ses collines environnantes ; du moins dans un monde de rêve.

En réalité, la cohabitation à Beijing se fait avec un habitant non désiré : la pollution qui pointe le bout de son nez assez régulièrement ; au point que nous n’avons découvert que 10 jours après notre arrivée en Juillet que des collines entouraient la ville au Nord et que nous étions les voisins d’un gigantesque immeuble de la China Oil Company  :

 Le building de la China Oil Company (au fond) que nous n’avons pu apercevoir qu’au bout d’une semaine à Beijing (et pourtant, il ne fait pas dans la discrétion!)

Alors la pollution ne vient pas toute seule vous rendre visite, elle emmène toutes ses amies :

  • Madame nez qui pique et gorge qui brule : les saignements de nez sont une chose assez courante.
  • Monsieur encombrement : partout en Chine, à chaque seconde, peut importe le quartier, des gens reniflent et raclent leurs gorges bruyamment avant de se délester de cet encombrant mucus sur le sol.
  • Madame mais où j’ai mis mon odorat et mon gout ? : avantage au niveau économique car on peut alors ne pas gâcher du bon fromage et se contenter de la Vache Qui Rit !
  • Monsieur vision périphérique réduite à 10 mètres : Jackie Chan peut traverser la route à 10 mètres de vous, vous ne vous en rendrez même pas compte !!

Mais car rien ne vaut une image pour illustrer ceci, voici la vue depuis notre balcon à différentes étapes :

Notre quartier la journée par jour de beau temps (profitez en, cela ne va pas durer) : jours 1-2 du cycle

 

 Notre quartier le soir par jour de beau temps, des nuages commencent à se former : jour 3 du cycle

La visibilité est nettement réduite : jour 4 du cyle

Et voilà la purée de pois : jour 5-6-7 (et le 8 il pleut)

Pour dire vrai, l’été a été une saison très difficile à supporter car la pollution y est palpable et très rares sont les jours où l’on peut échapper à ce mélange poisseux au dessus de nos têtes (le coté positif est qu’avec la pollution, le soleil est d’un orange superbe la journée et la lune est violette la nuit). En été, le climat est réglé sur un cycle de 8 jours environs : superbe journée, puis pollution de plus en plus forte pendant 5 jours, une journée étouffante le 7° jour puis une pluie torrentielle le 8° et une journée magnifique le 1°…et rebelote.

En hiver, il fait froid mais il fait beau et on souffre moins de la pollution car le soleil est apparemment très présent.

Petit tour de ricksaw dans les Hutongs (胡同)

Posted in Vie quotidienne à Beijing par laura sur 29 novembre 2010

Quand on nous demande un des aspects que l’on préfère dans Beijing, notre réponse n’est pas « les musées, la glaciale Cité Interdite (véritable ode à une architecture écrasante de pouvoir), la Grande Muraille… » mais bien la vie quotidienne !

Après concertation avec le 50% qui vit la même aventure que moi, c’est bien les Hutongs que nous préférons à Beijing ou plus précisément les moments de vie que nous pouvons y apercevoir à tout moment de la journée. Selon notre cher Wikipedia (inaccessible en Chine sans un tour de passe-passe), un Hutong est un ensemble constitué de passages étroits et de ruelles sur les cotés desquels on trouve des Siheyuan (des habitations organisées autour d’une cour carrée dans laquelle est souvent planté un arbre), sachant que dans la réalité, ces demeures sont aujourd’hui partagées entre plusieurs familles, ce qui fait parfois ressembler les Hutongs à un grand bazar !

L’entrée de notre école qui est située dans un Hutong de Guloudajie

La cour de notre école, représentative des siheyuan (cour carrée)

Certains Hutongs sont plus pauvres que d’autres et il n’est pas rare de voir des habitations sans réelle porte ou avec une simple couverture en guise de cloison ou encore avec un enchevêtrement d’objets de toute sorte (bout de bois, chaises rouillées) assemblés afin que le tout constitue une sorte de mur. La température avoisinant les – 20 ° l’hiver, vous pouvez imaginer la dureté d’un tel mode de vie.

Beijing a ca de merveilleux que l’on peut se perdre dans ses dédales de Hutongs et flâner dans des quartiers entiers composés de ses maisons de briques grises qu’égaillent des motifs, des portes de couleurs rouges.

Mais d’ailleurs, pourquoi les Hutongs sont gris ? La réponse est à la fois simple et terrifiante, figurez vous qu’un Empereur avait eu la sombre idée de confisquer la couleur au peuple (rien que ca, imaginez si moi demain je décide de confisquer les plans en 2 parties et 2 sous-parties aux étudiants en Droit !)

Pourquoi autant aimer les Hutongs ? Car à n’importe quelle heure du jour, on y trouve de l’animation, de la vie, des conversations, des jeux, des animaux se promenant (chiens, chats, coqs…), des voitures essayant avec peine de se frayer un passage, des hommes tirant des charrettes pour récolter du bois, des ordures ou pour vendre des bières, des poissons, de la viande…

On trouve de tout dans les Hutongs et cette diversité est fantastique. Il ne s’agit pas ici de jouer à « Tintin en Asie » (Milou ayant été transformé en rôti J) mais s’assoir sur le trottoir sur une chaise de fortune en buvant une Tsingtao et en dégustant des brochettes grillées n’a pas de prix. C’est exactement ces moments là que nous aimons dans Beijing et que je voulais vous faire partager par quelques photos.

 *

* *

 Alors faisons ensemble un petit tour des Hutongs si vous voulez bien m’accompagner dans cette promenade :

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Le nom de Hutong apparait au cours de la dynastie Yuan  (13°), les Hutongs se sont ensuite développés mais depuis quelques années, le mouvement a pris le chemin inverse et les Hutongs sont en voie de disparition pour faire place à des grands immeubles sans saveur ou des centres commerciaux, parkings….

Toutefois, ce débat n’est vraiment pas simple car en effet, les conditions de vie dans un Hutong, bien que pittoresque aux yeux du touriste – « Oh Chère Germaine (Roger, notre personnage fétiche est actuellement en vacances), comme c’est cocasse, on voit par l’entrebâillement de cette habitation un enfant se faire laver dans une bassine d’eau ! Mais pourquoi ces gens font-ils de la sorte ? » – ne sont pas faciles. Beaucoup de Hutongs n’ont pas d’eau courante ni de toilettes, ce qui explique pourquoi la ville est organisée de telle manière que vous n’avez pas à marcher plus de 5 minutes avant de trouver des toilettes publiques.

Ainsi, le débat ne peut pas se résumer à un choix binaire : préserver ou détruire, la voie de l’amélioration de l’habitat peut aussi être envisagée (apport de l’eau courante…).

A Beijing, le gouvernement semble avoir déjà fait son choix et avoir choisi la destruction : les habitants sont avertis seulement un couple de mois à l’avance que le Hutong où ils résident sera détruit (le signe : à détruire  est inscrit sur le Hutong), les habitants sont « encouragés » (oh, le doux euphémisme, vous pouvez presque imaginez des colombes blanches volant entre mes mots) à se reloger ailleurs, souvent après le 5° périphérique où surgissent en plein champ des cités entières sans vie locale.

Un déménagement que le Gouvernement encourage à grand coup de publicité étatique : ainsi, le quartier de Chaoyang se pare de belles pancartes annonçant la construction d’un « CIVILIZED CHAOYANG »…

Il est inutile de dire que si certains sont satisfaits de troquer leur maison souvent insalubre pour le confort d’un appartement tout équipé, d’autres voient avec tristesse le jour où ils devront quitter la maison où réside leur famille depuis plusieurs générations.

En à peine quelques jours, des maisons sont vidées de leurs occupants, éventrées, et disparaissent à coup de bulldozer pour qu’enfin commence la construction du Centre Commercial scintillant, du Parking providentiel, du KFC tant rêvé…C’est exactement ce qu’il s’est passé dans le quartier de Guloudajie (un quartier pourtant touristique) et il y a même pour projet d’y construire un musée sur les Hutong (difficile de faire plus ironique) 

Le Hutong en face de notre école qui a été détruit

Ce qui remplace les Hutongs

Enfin, tout ceci pour dire que si vous voulez vous promener dans les Hutongs, il est plus que temps de venir faire un tour à Beijing.

Intervention du lapin géant et vacances à Yangshuo 阳朔

Posted in Out of Beijing par laura sur 19 novembre 2010

Il y a un peu plus d’un mois, l’école a fermé ses portes pour une semaine de vacances : si on en croit la légende, à cette époque, un lapin géant qui vit dans le ciel est censé en descendre pour donner des médicaments aux enfants et donc… nous avons une semaine de vacances (ps : cher lecteur, si tu trouves ce message cohérent, il est temps d’aller consulter un centre de désintoxication).

Bref, nous avons bénéficié d’une semaine de vacances grâce au lapin géant (qui ne distingue pas selon les zones A, B ou C), semaine durant laquelle les parents de louis nous ont rejoint et nous sommes partis tous ensemble dans le Yangshuo (阳朔), un district de la région du Guangxi (Sud de la Chine).

Là bas, nous avons profité d’une semaine de repos en pleine nature dans un magnifique hôtel -Yangshuo Mountain Retrait- avec des chambres superbes aux balcons surplombant la rivière et les montagnes en pain de sucre (Bill Clinton a séjourné dans cet hôtel et a depuis un mur-souvenir rien qu’à lui).

Notre hôtel à Yangshuo

A part avoir été forcés de garder la chambre durant deux journées pour cause de virus intestinal (on en revient toujours à ça finalement en Chine 🙂 ), nous avons voulu nous évader un peu et nous avons donc loué un kayak afin de partir se promener sur une partie plus « sauvage » de cette rivière !

Las ! C’était oublier le gout des chinois pour tout ce qui est « séjour organisé » car durant notre promenade en kayak sur la rivière, un bateau à moteur de l’hôtel nous a suivi pour s’assurer que nous n’avions pas de problème, ce qui a donné à peu prés ceci :

Imaginez une rivière sauvage, des paysages superbes semblables à ceux de la Baie d’Along, deux amoureux sur un kayak au milieu des buffles d’eau et de quelques pécheurs attrapant des poissons à la main (l’eau étant très peu profonde), pas un seul autre touriste durant l’après midi mais….. Roger sur son bateau à moteur (bateau consistant en des tuyaux attachés ensemble avec un moteur de tronçonneuse ) qui nous suit durant toute la promenade …

On repassera un peu pour le coté sauvage et seul au monde de l’escapade ! Ceci dit, Roger a quand même eu le culot à un moment de venir nous enguirlander car nous allions trop lentement à son goût, il a donc attaché nos kayaks à son bateau à moteur et nous a traînés jusqu’au ponton !

Promenade en Kayak sur la rivière

 

Buffles d’eau

Pêcheurs attrapant des poissons à mains nues

Un village sur la rivière

Nous avons donc cédé aux sirènes de la ballade organisée en bateau à moteur et nous avons ainsi pu découvrir des paysages splendides.

Alors évidemment, il y a toujours une touche de chinoiserie et ainsi, au bout milieu d’une riviére coupée du monde, on peut assister à une séance-photo pour un mariage ou se faire prendre en photo sur son bateau (sur un bout de cailloux au milieu de l’eau, une équipe de photographes-amateurs vous prend en photo, affiche la photo sur l’ordinateur et l’imprime, tous ces appareils électriques fonctionnant je ne sais pas trop comment) :

Windows vaincra toujours !!

Nous avons également loué deux motos pour nous promener dans les villages avoisinants et ce fut une escapade splendide car nous serpentions dans les rizières au milieu des collines pain de sucre …

J’ai définitvement renoncé à essayer de comprendre la logique de l’architecture chinoise : pourquoi une arche sur une route déserte ?

Enfin, nous nous sommes promenés dans la ville de Yangshuo, certes très touristique mais qui est une ville avec des coins très agréable. En effet, les rues de Yangshuo serpentent autour d’une rivière et l’architecture – très différente de celle de Beijing- rappelle par certains aspects celle du Pays Basque (ces basques, ils sont décidement partout : ils se réclament d’avoir inventé la Pizza et maintenant, ils influencent l’architecture chinoise J).

Sinon ce séjour a été également l’occasion pour la maman de louis de tester la médecine locale : suite à une terrible rage de dents, nous nous sommes rendus chez le dentiste de la ville qui opère à moitié dans une salle – à moitié dans la rue devant un banc regroupant les futurs patients.

Nous avons ainsi pu assister à une extraction de molaire –sans anesthésie- sur une vieille femme qui a à peine bronchée et est repartie à ses occupations sitôt sa dent dans la poubelle pendant que mon cœur reprenait sa place dans ma poitrine et que j’essayais 1) de ne pas voir le sang qu’elle crachait et 2) de faire abstraction de l’odeur sang-sueur dans la petite pièce.

Cette semaine fut donc pleine d’aventures et nous a permis de nous échapper un peu de la pollution  et du temps sec de Beijing qui sont  parfois durs à supporter : actuellement, la peau au dessus de mes paupières pèle tellement le temps est sec (si quelqu’un connait l’utilité de ce mécanisme de défense que produit mon corps, je suis preneuse) et nous avons expérimenté les pluies acides et ce n’est pas une blague, ça brûle vraiment !!!

Je veux voir un ciel bleu et pas orange !

Construction, Déconstruction, Reconstruction… mais où va t’on ?

Posted in Vie quotidienne à Beijing par laura sur 9 novembre 2010

A Beijing, il y a une chose à laquelle il ne faut pas trop s’habituer…. la physionomie de la ville c’est-à-dire la rue, les commerces qui la composent, les maisons, les quartiers.

En effet, il y a à Beijing une chose fascinante (et effrayante), c’est la rapidité avec laquelle les quartiers se détruisent, se reconstruisent, les murs s’abattent, les commerces changent…

Et je ne parle pas que de quelques maisons mais de quartiers tout entier, des quartiers qui pourraient constituer en taille la Place des Quinconces à Bordeaux : je fais référence à cette Place non pas par chauvinisme mais simplement par rapport à sa taille car il est vrai qu’elle reste à mes yeux une simple « grande esplanade de graviers sans rien dessus ».

En France quand un commerce ferme, j’aime en tant que consommatrice avertie, être mise au fait de sa cession d’activité prochaine  afin de :

1)      être interloquée : mais pourquoi ma bonne dame ? Les affaires marchent mal ? Vous prenez votre retraite, ah oui c’est vrai que vous avez 89 ans (petite insertion subtile sur ma crainte du « travailler plus »).

2)      être littéralement anéantie si c’est un commerce auquel je tiens : si l’Artigiano ou La Ccomtesse à Bordeaux venaient à fermer, la ville perdrait soudainement 60% de son attrait !

3)      avoir le temps de me retourner et trouver un commerce de substitution afin que la transition se fasse en douceur (nous les filles, on est des choses sensibles tout de même).

A Beijing, rien de tout cela ! Le lundi tu passes dans ta rue habituelle et là, sur la gauche à l’endroit habituel, il y a ton café habituel ; le mardi tu passes dans cette même rue le café est fermé est l’intérieur est en travaux et le mercredi c’est devenu un marchand de peluches pandas ! Un traumatisme émotionnel de taille.

Autre exemple : la route pour aller de la station de métro de Guloudajie à l’école était une route ombragée bordée d’arbres : le lundi soir nous quittons l’école et les arbres sont toujours là et le mardi matin, plus d’arbre du tout et le béton est déjà sec à l’endroit où quelques heures plus tôt se trouvaient leurs racines !

Guloudajie, la rue de notre école qui est passée d’une nuit d’une rue ombragée avec des bancs en bois à … un chantier !

Anecdotes mises à part, cette frénésie du changement fait peur car elle ne semble pas accompagnée d’une réelle réflexion (sur les raisons de la destruction et sur l’avenir de la ville) ni d’une réelle concertation.

Apparemment, les habitants sont avertis 2 mois à l’avance que leur quartier sera détruit et doivent donc trouver un logement rapidement. Mais il faut savoir que bien des pékinois ont toujours vécus dans leurs Hutongs et que ce quartier est réellement leur « vie » : ils y connaissent leurs voisins, ils se retrouvent entre eux sur le trottoir pour jouer aux cartes, ils connaissent les marchands de fruits-légumes-viandes-bières ambulants qui passent avec leurs carrioles…

Si on se met quelques instants à la place de ces personnes qui ont vécu plusieurs décennies à Beijing, il faut imaginer les époques qu’elles ont traversées et les changements qu’elles ont vues. Leur intimer l’ordre de quitter leur quartier est pour elles un réel traumatisme sans compter qu’elles sont relogées loin du centre-ville dans des complexes bien plus anonymes.

Scènes de vies dans les Hutongs de Beijing (oui, nous aussi on fait partie du décor)

Ainsi, des pans entiers de la ville sont réduits à néant pour construire des supermarchés tout en enseignes lumineuses, des parkings (plus de 2.000 nouvelles voitures mises en circulation / jour à Beijing), des fast-foods….

Le débat est complexe car ce changement est voulu par certains comme un signe de changement et il est vrai que la vie dans les Hutongs est rude (pas de chauffage, des toilettes publiques par -20 l’hiver…) mais aucune autre solution que la destruction ne semble envisagée.

 

Ce qu’il reste du quartier de Hutongs en face de notre école

Restes d’un Hutong

En conclusion, le visage futur de la ville est plus qu’incertain et je conseille à tous ceux qui souhaitent découvrir Beijing de se hâter quelque peu avant que des quartiers entiers ne disparaissent sous les bulldozers et que surgissent du sol les traditionnels KFC, Mc Donald’s et Strarbucks ou ceci

Le futur visage de Beijing qu’on redoute

Impressions Hong-Kongaises (suite)

Posted in Out of Beijing par laura sur 7 novembre 2010

Une nouvelle version des impressions hong-kongaises  :

Nous étions comme des gosses à bord du bus qui nous emmène de l’aéroport de Honk Kong sur le continent. Nous arrivions de nuit au milieu de cette forêt de grattes ciels avec pour arrière plan la sublime baie et ses milliers de super tankers. Un vrai feu d’artifice. Et tous les gamins aiment les feux d’artifices.

Donc dans le bus nous étions presque sûr d’avoir envie de rester pour toujours. Honk Kong nous donne le sentiment d’une ville ultra moderne, une vraie mégalopole mondiale idéalement placée avec un climat tropical. Une baie, 234 îles, des montagnes boisées en arrière pays… Bref le paradis.

Notre bus nous fait traverser des avenues qui n’ont rien à envier à Broadway pour nous déposer au cœur de Kollown. On se désenchante sur l’instant.

A peine descendu du bus, une poignée de Pakistanais nous tombent sur le poil. Ils crient, ils poussent, ils se mettent travers du chemin. Une pauvre jeune fille se fait prendre sa valise par l’un d’eux qui commence à partir avec, elle doit lui courir après. Mais il n’a pas l’air d’un voleur. Ou alors c’est un voleur d’un genre nouveau. Un voleur insidieux qui fait mine de te demander ton avis. Un rabatteur quoi. La différence c’est qu’un voleur ne dit rien et prend. Le rabatteur, lui, commence par t’embrouiller avant de te racketter.

A grand peine nous passons au travers de cette foule de charognards. Notre réservation est faite pour une auberge de jeunesse qui – hélas – se situe sur cette grande avenue. On nous propose des montres, des cartes en tout genre, des sacs et autres objets volés non identifiés… « no thanks,  不 要了, non merci, nein danke… » rien n’y fait bien sûr… quel naïf !

Nous arrivons en face de notre « auberge ». Les mots me manquent pour décrire ce lieu… Un cube en béton armé d’une vingtaine d’étages qui à dû être blanc. Ce bloc est parsemé de vingtaines de petites fenêtres guillotines qui laissent deviner que la plus grande pièce doit avoir une hauteur sous plafond de 2 mètres et ne fait guère plus de 7m². Toutes les fenêtres, qui n’ont jamais été lavées, sont dotées de panneaux en pvc noirci qui ont dû être des moustiquaires mais qui désormais ressemblent plus à des filtres de sèche-linges non nettoyés depuis des mois. Chaque fenêtre est dotée de sa climatisation cassée qui rouille à grande vitesse sous ce climat. Mais avant de rendre l’âme, cette bonne machine à eu le temps de dégouliner grassement sur les murs, créant une sorte de traînée marronâtre où grouille une remarquable biodiversité. Cette morve murale coule d’une fenêtre sur l’autre pour finir de salir les fenêtres et d’encrasser les filtres de sèche-linges. En passant elle dépose dans les chambres un doux parfum d’humus ainsi que des petits animaux. C’est finalement assez écolo comme endroit.

Le bas de l’immeuble n’est pas plus engageant. Figurez-vous un grand hangar peuplé de vingtaines de rabatteurs pakistanais. Pas une femme. Que des sales tronches qui en veulent à votre portefeuille. Les uns vous sautent sur le poil tandis que d’autres fument des substances bien identifiables. La particularité de ce rabbateur et sa tenacité. J’ai trouvé à Pékin que les Pékinois étaient des gens particulièrement endurants et tenaces. Mais ils savent quand s’arrêter. En revanche ces Honk-Kongais ne lâchent pas. Ils restent accrochés comme des poissons pilotes, répétant toujours la même chose… littéralement des dizaines de fois… « Non » n’est pas une réponse. Pour moi c’est trop. Passé 500 mètre avec ce bigorneau sur l’écaille… je m’énerve… Et l’abruti fait mine de pas comprendre et de se vexer ! Alors ça m’énerve encore plus… Bref il faut foutre le camp.

A ce moment je pense très fort au marsupilami et à l’enfer vert de Palombie. A cet instant Honk Kong est pour moi cette jungle urbaine mystique qu’on a tous vu dans les films de science fiction. Une espèce de mélange de Blade runner et de Sin City. Une mégalopole tropicale et portuaire surmixée ou on parle toutes les langues, ou les blattes sont épaisses comme une langue de chèvre et ou tout individu souriant ne cherche qu’une chose : le moyen de soutirer le maximum de fric en un minimum de temps. Tout individu m’adressant la parole n’a que ça en tête. Il est à cet instant un ennemi. Il me faut foutre le camp car je deviens parano.

Nous voici donc à Hong Kong, 2 parmi 10 millions, à 00h30 sans endroit pour dormir. Bonne accroche.

Mission nom de code « visa » à Hong Kong (香港)

Posted in Out of Beijing par laura sur 27 octobre 2010

Il y a un mois nous avons du partir quelques jours à Hong Kong (en chinois « le port parfumé) afin de faire renouveler notre visa chinois qui arrivait à expiration.

Cette escapade n’était pas prévue, nous devions initialement faire prolonger notre visa sans quitter le sol chinois pour la modique somme de 130 € (une somme colossale ici) mais les règles en matière de visas changent régulièrement en Chine ce qui nous a valu la conversation suivante :

–          1er septembre : nous allons nous renseigner pour notre visa et on nous dit « c’est trop tôt pour le faire renouveler, venez un peu plus tard »

–          7 septembre : c’est encore trop tôt, revenez mi-septembre

–          15 septembre : ah maintenant c’est trop tard, vous n’avez pas d’autres choix que de quitter le territoire et y entrer de nouveau pour faire prolonger votre visa automatiquement de 3 mois ! (les administrations sont donc les mêmes partout…) !

 Direction Hong Kong pour 4 jours : nous réservons une auberge de jeunesse par internet et nous faisons l’erreur de réserver la moins chère que nous trouvons ; cette auberge se trouvait sur Kowloon qui est sur le continent en face de Hong Kong Island.

 Le jour J à l’aéroport de Beijing nous nous faisons interpeller 3 fois par des chinois qui nous expliquent que « c’est terrible, je n’ai plus de place dans mes bagages, pouvez vous porter ce sac (nb : c’est à chaque fois un vieux sac poubelle) pour moi s’il vous plait »… on a eu droit a plusieurs personnages : 1) la mamie attendrissante, 2) la mère en pleurs et son bébé, 3) la bimbo toute poitrine sortie.

Je n’aurai jamais cru qu’ils utilisaient des excuses aussi bidons et évidentes pour faire passer de la drogue ! Incroyable !

On a aussi assisté à un échange de sacs et là aussi, il ne faut pas avoir bac +5 en criminologie pour s’apercevoir que ce n’est pas des fraises Tagada qui sont en jeu : on a d’un coté Marcel (préservons son anonymat), qui a tellement d’or sur lui qu’il peut faire exploser les détecteurs de métaux , Marcel ayant le look d’un membre de gang sud-américain et peu d’espace sans tatouage sur sa peau. Marcel est très nerveux (il ne passerait pas les tests anti-dopage je pense) et attend Germaine (anonymat toujours) son acolyte féminin avec autant d’or mais moins de vêtements. Germaine sort de l’avion, lui tend un sac et…. retourne aussi sec prendre un avion !

 Après être un peu interloqués par un trafic si évident, nous prenons l’avions et arrivons à Hong Kong, le bus nous dépose devant l’auberge de jeunesse dans une rue extrêmement animée, pleine de pancartes lumineuses…. et là, le cauchemar commence : à la sortie du bus, un groupe d’indiens tentent de prendre de force les valises de la personne devant nous pour l’emmener dans leur hôtel.

 Nous arrivons à garder nos sacs à dos sur nos dos et arrivons dans la …(roulement de tambours effrayant) « Chungking Mansions », une sorte de hall de gare – garage souterrain absolument crade, d’une vétusté incroyable, sans lumière, des ordures partout et des dizaines d’indiens ou pakistanais (que des hommes)  qui nous agrippent et ne nous lâchent plus pour nous guider vers leurs hôtels, quelques prostituées en passant, des gens qui prennent de la drogue par terre….

Nous décidons alors de ne pas rester, le choc a été trop fort car il faut savoir que Beijing est une ville très pacifique, où je n’ai pour le moment jamais ressenti la peur – même en rentrant seule le soir,  même en passant   en pleine nuit au milieu de Hutongs. – mais ce soir là à Hong Kong nous avons eu vraiment peur.

Voici ce que nous avons fuit… la Chungking Mansions !! Ca donne envie non ?

 Il était alors minuit, nous étions sans logement dans une des villes les plus chères du monde. Nous avons réussi à trouver un tout petit hôtel (6 chambres) mais l’histoire ne s’arrête pas là : nous sortons pour diner, repérons un restaurant chinois pas trop cher, on s’assoit, on dine et au moment de l’adition, on s’aperçoit qu’on nous a rajouté 7 € pour un thé et des cacahuètes que nous n’avons même pas mangé ! Nous râlons et on nous montre en caractère 8 sur la page 25 du menu « frais de thé et cacahuètes obligatoire » ….. sur ce on est rentrés se coucher en se disant que si cela continuait comme cela, on ferait aussi bien d’aller passer les 2 jours au Disneyland de Hong Kong car là au moins, personne n’essaye de t’entuber !

 Le lendemain nous prenons le bateau pour Hong Kong Island et réussissons à trouver une superbe auberge de jeunesse en haut d’une colline avec une vue ahurissante sur la baie de Hong Kong (pour y arriver, il a quand même fallu grimper pendant 1heure dans la forêt).

 

Le chemin qui mène à l’hotel (il faut le savoir) avec des pancartes sur les barbelés « ne nourrissez pas les chiens errants » !

 

Le Mount Davis Jockey Club (notre auberge de jeunesse)

La vue de l’auberge de jeunesse

 

 L’après-midi nous nous promenons vers Causeway Bay – un quartier animé, plutôt brouillon – puis vers Central, un quartier qui bénéficie d’une architecture très belle et d’un emplacement idéal avec une baie très agréable.

Un regret toutefois, c’est que tout est très luxueux, trop même (dans une journée, nous avons croisé 10 boutiques Chanel, Dior, Rolex) si la ville est si belle c’est en partie grâce à ces boutiques qui prêtent un grand soin à avoir des vitrines originales, avec un éclairage en finesse sur la rue… mais cela reste des boutiques.

Hong Kong, des quartiers animés aux quartiers plus chics

Efin, un des attraits majeurs de Hong Kong se trouve être sa superbe baie :

Petit jeu : peux-tu trouver le chanceux au milieu de tous ces immeubles ?

Le lendemain, nous décidons d’aller saluer la Mer que nous n’avons pas vue depuis un petit bout de temps et nous prenons le bateau pour Cheng Chau Island où nous passons une journée très agréable.

Cheng Chau Island est une petite ile tropicale avec un centre ville tout à fait charmant : un port où on peut voir les pécheurs débarquer, des ruelles à l’ombre dans la ville où déjeuner, un marché…. et plusieurs plages.

Nous allons sur Pak Tso Wan ou Italian Beach (qui servait autrefois de repère pour les pirates) où nous sommes seuls pendant 2heures….

Après une dernière promenade sur l’ile écourtée par notre rencontre avec 3 chiens errants qui n’avaient visiblement pas envie que nous passions par le cimetière, nous prenons le Ferry pour rentrer à l’hôtel (il y a beaucoup de chiens sans maitres dans ces coins la).

Le port coloré de Cheng Chau

Boutique du centre-ville

Marchande de poissons et algues séchés

Le marché

Notre plage privée

Le lendemain soir il est déjà temps de repartir,  louis profite tout de même des prix attractifs de Hong Kong pour acheter un appareil photo et direction Beijing.

Nous arrivons à l’aéroport de Beijing à 23h pour nous apercevoir que les appareils sont débranchés (c’est la nuit). Nous passons donc les portiques de sécurité, les portiques sanitaires (où on vérifie la température) sans problème car les détecteurs de métaux et autres appareils sont éteints et que de toute manière il n’y a plus personne pour assurer la sécurité (et oui, il est l’heure du dodo) !

 Bref que d’aventures, nous avons beaucoup aimé la journée sur l’ile tropicale mais nous n’étions pas mécontents de retrouver notre vieux Beijing 🙂

Vent froid sur Beijing et Fashion poubelle

Posted in Vie quotidienne à Beijing par laura sur 22 octobre 2010

 

Je profite du rétablissement complet de l’électricité dans notre appartement  (après une semaine où l’électricité nous a fait défaut 50% du temps…. les soirées sont longues sans lumière) pour reprendre le clavier.

 Alors quoi de neuf sur Beijing ? L’événement notable est une chute catastrophique des températures et des matins à 4° et des après-midi à 9° …. Que faire dans ce cas là vous demandez-vous car en temps normal plusieurs solutions s’offrent à vous comme :

1)      mettre le chauffage (simple mais efficace)  

2)      rentrer dans des endroits pour se réchauffer (cafés…)

Alors à Beijing que faisons-nous pour lutter contre le froid ? … Rien !!

En effet, pas de chauffage possible car le Gouvernement Chinois a tout simplement interdit tout chauffage jusqu’au 15 novembre et a donc coupé les arrivées de chauffage de toute la ville.

Le Gouvernement a prévenu, dans sa magnitude légendaire, qu’il acceptera de mettre le chauffage en marche avant le 15 novembre si et seulement si… il neige !

 Alors à ce stade, je suis perplexe : dois-je espérer la neige pour obtenir une mise en route du chauffage à une température que le Gouvernement choisira (si c’est 12°, on n’ira pas bien loin) ou dois-je me satisfaire de la situation actuelle et ressembler de plus en plus au Bonhomme Michelin en augmentant les superpositions de vêtements ?

 Sur ce choix cornélien, je vais aller boire de l’eau chaude (boisson nationale chinoise car comme l’eau n’est pas potable il faut la boire toujours bouillie) mais auparavant, je tenais à vous faire partager, ami(e)s de la Mode cette grande nouvelle ….

Vuitton fait désormais dans l’équipement ménager :

A l’assaut de la Grande Muraille (ChangCheng)

Posted in Out of Beijing par laura sur 1 octobre 2010

Alors non, je ne pense pas que nos voisins martiens aient le privilège de l’apercevoir mais malgré tout, on peut y aller dans le cliché : c’est beau, magnifique, extraordinairement impressionnant (il suffit d’imaginer des montagnes à perte de vue avec une muraille qui serpente sur leurs sommets).

Pour résumer, la Grande Muraille c’est plus de 5.000 kms de fortifications comprenant la muraille en elle-même, des forts, des tours…. Sachant que cette muraille a été construite et reconstruite au fil de l’histoire (entre le IIIème siècle avant JC et le XVII° siècle) pour défendre la frontière de la Chine des attaques extérieures.

Nous avons eu la chance de partir toute une journée en excursion avec la Hutong School  à environs 80 kms de Beijing et nous avons ainsi pu visiter en premier lieu une partie non restaurée de la Grande Muraille – Jiankou – pour ensuite marcher sur celle-ci en direction d’une partie récemment restaurée – Mutianyu-  (et donc plus touristique), ce qui nous permet de faire une comparaison entre les deux.

Voilà comment nous avons procédé : un bus nous a emmenés dans un endroit flanqué de panneaux « interdit au public » « cette section ne se visite pas »… mais nous avons franchi ces obstacles, notre guide n’écoutant que son courage.

Sur la route en direction de la Grande Muraille

Notre minibus a été obligé de s’arrêter avant la fin car une carriole bloquait la ruelle et nous avons donc du poursuivre à pied en mode « rude grimpette » pendant environs 1 heure tout seul dans la foret avant d’arriver en haut d’un fort qu’il a fallu escalader (petite précision : pour l’escalade, il s’agit de grimper sur des pierres posées par les paysans du coin… pas si facile).

Fin de la route et début de l’escalade

Un des escaliers improvisés pour arriver au sommet

Nous arrivons ensuite au sommet d’un fort dans une partie non restaurée de la Grande Muraille et le paysage est tout simplement splendide avec une vue vertigineuse sur la muraille qui descend à pic.

Le déjeuner avalé, nous avons marché pendant environs 3 heures en continuant tout d’abord sur la partie non restaurée de la muraille en faisant attention à ne pas tomber car certains passages sont assez raides.

Une tourelle dans la partie non restaurée de la muraille

Toujours aussi frais que des gardons même après 4 heure d’escalade 🙂

Puis, nous sommes arrivés sur la partie restaurée de la muraille, partie qui a son charme mais qui est donc moins sauvage, plus touristique mais qui est très bien restaurée (j’avoue que j’avais peur d’y voir des dragons en plastique, des néons lumineux…)

Voici à quoi ressemble la partie restaurée de la muraille

A 3 je fais une roulade arrière … 1…2…

Quand on vous dit que c’est du sport !!!

Evidemment, comme la Grande Muraille est un lieu splendide et historique, on trouve des futurs jeunes mariés venant s’y faire prendre en photo :

Si moi je fais la même chose, ma robe elle est toute déchirée et pleine de terre (je suis tombée deux fois), mon mascara est devenu un oeil non plus charbonneux mais dégoulinant, mon fond de teint a coulé sur ma robe et la sueur me donne un air de « sortie de  baignade » !

Enfin, et car une visite d’un site historique ne serait rien sans une bonne dose de kitch il faut savoir que pour redescendre de la muraille nous avons pris…… un toboggan géant !!

Le toboggan géant pour redescendre de la Grande Muraille

Allez louis !!!

Quand y aller ? Evitez d’attendre les jours de grand froid ou les lendemains de pluie surtout si vous voulez camper sur la grande muraille.

Comment y aller ? Je pense que le mieux est de faire confiance à un tour opérateur ou un guide (attention à bien le choisir pour éviter de mauvaises expériences comme cela a pu arriver à d’autres). Un bon guide saura vous faire passer par les chemins de traverse (par exemple, nous sommes passés par un chemin soi disant « interdit à toute visite », nous n’y serions surement pas allés sans guide).

Que faire ? Commencer par la partie non restaurée pour finir par la partie restaurée  semble une bonne idée. Nous avons marché de Jiankou (partie non restaurée) à Mutianyu (partie restaurée). Apparemment, la section de Badaling est à éviter car trop « fausse » et très très touristique.

On peut ensuite descendre de la grande muraille à pied, en télésiège ou en toboggan (50 RMB soit 5,5 €). Pensez à emmener de l’eau car il n’y a aucun vendeur dans les parties non restaurées et vous risquez de payer votre eau minérale si vous l’achetez aux vendeurs ambulants (ils vendent aussi de la bière pour ceux qui sont interessés par cette expérience = escalade par 30° + bière).

Dialogue imaginaire avec un ami chinois

Posted in Vie quotidienne à Beijing par laura sur 15 septembre 2010

Si j’avais un ami chinois, voici les questions qu’il pourrait éventuellement me poser :

Alors chez vous, la lune n’est pas violette ? :

 

Et la journée, vous arrivez vraiment à avoir une vision périphérique qui dépasse les 20 mètres ? :

 

Un matin ordinaire à Pékin (9h du matin)

Mais vos fenêtres, elles ont bien toutes des grilles magnifiques qui empêchent de voir dehors ? Même au 14ème étage non ?

 

Nous habitons au 14ème étage et face à mon incompréhension face à cette curiosité artistique, on m’a répondu que c’était pour éviter les voleurs. Par contre, s’il y a le feu et que tu veux t’échapper, c’est tant pis pour toi (pour rassurer les parents, dans notre chambre ils n’ont grillagé que la moitié de la fenêtre, on pourra toujours s’échapper)!

Mais vos baignoires elles ressemblent bien à des grands œufs à escalader ?

 

 Tous les matins, je fais un remake de mission impossible avec 1) main droite qui tient la baignoire pour me hisser dedans et 2) main gauche qui agrippe désespérément le lavabo.

 Si elles ne ressemblent pas à des œufs, vous avez bien le tuyau d’évacuation en dehors de la baignoire ?

 

A droite la baignoire,  à gauche à l’extérieur le trou d’évacuation d’eau. Heureusement, le plancher n’est pas droit (manquerait plus que cela) ce qui favorise l’écoulement de l’eau vers l’extérieur de la douche puis vers le trou.       Alors oui, ayons une petite pensée pour cet ouvrier chinois qui n’a pas trouvé ca bizarre de construire une évacuation d’eau en dehors de la douche  « ah ben non, il est où le probléme, on m’a dit de faire un trou, et ben j’ai fait un trou ! »! Mais des détails de ce type sont très courants ici.

Dans le même registre, on pourrait aussi avoir comme questions imaginaires :

_ Mais si vous vous baignez dans les lacs, vous ressortez bien avec un troisième bras ?

_ Ainsi, vous ne cultivez pas une flore intestinale faite de germes merveilleux et inconnus de la France (je pense qu’à force de manger dans les bouis-bouis, je cultive mon propre système intestinal).

*

*           *

Sinon, on a eu un réel dialogue incroyable avec une personne qui parlait anglais et qui nous a soutenu que :

 1) ce n’était pas de la pollution sur Beijing mais des nuages et qu’on voyait toujours le ciel bleu, et que

2) il n’y a aucun sans-abri dans la ville….. Ca vous laisse entrevoir le pouvoir de persuasion du gouvernement.

 

 

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